Roller Hockey Féminin

Elisa Pogu, la classe américaine version Artzak

La joueuse américaine a porté le maillot de la sélection nationale… mais aussi ceux de l’équipe féminine de Grenoble et de l’équipe féminine d’Anglet. Elisa Pogu est habituée des grands rendez-vous nationaux aux Etats-Unis, comme NARCh, et des compétitions internationales. Dans une dizaine de jours, elle sera avec Anglet sur le terrain de la Halle Carpentier, pour le Final Four de la Coupe de France. 

L’occasion d’en savoir un peu plus sur son parcours. Car la Californienne a plus que des amitiés en France : elle a aussi des racines familiales à Biarritz. Une véritable « connection », à découvrir avant de la voir jouer dans quelques jours !

Elisa Pogu - Team USA - Photo Focale8

 

RollerHockeyFeminin.fr : quand as-tu commencé à jouer au roller-hockey, et à quelle occasion ?

Elisa Pogu : « J’ai commencé à jouer au hockey quand j’avais 7 ans, surtout à cause de mon grand frère Nick. Je venais voir ses matchs et patiner autour du terrain avec d’autres enfants. Et puis j’ai voulu essayer moi-même et j’ai fini par aimer !

I started playing hockey when I was 7 years old mainly because of my older brother, Nick. I would always watch his games and skate around the rink with other kids. Then, I wanted to try out the sport myself and ended up loving it. »

Quel est ton parcours dans le roller-hockey aux Etats-Unis ?

« J’ai vécu en Virginie du nord pendant plusieurs années et j’y ai joué. Quand j’ai eu 13 ans, nous avons déménagé à Memphis, Tennessee, mais comme le roller-hockey est peu connu dans les états du sud des Etats-Unis, j’y ai joué au hockey-sur-glace. Et finalement j’avais 14 ans quand nous avons déménagé à Corona, Californie. Et pendant ces huit dernières années, j’ai joué un peu partout dans le sud de la Californie.

I lived in Northern Virginia for several years and played there. Then, when I was 13 I moved to Memphis, Tennessee but because roller hockey is not very popular in the southern parts of the United States, I played ice hockey in Mississippi. Finally, when I was 14 we moved to Corona, California and for the past 8 years, I have been playing all over southern California. »

Elisa Pogu - Team USA - Photo world inline hockey

Tu as porté le maillot de la team USA… quelle a été ta première sélection, et depuis combien de temps tu joues pour la team USA ?

« Ma première sélection avec la team USA, c’était avec l’équipe américaine junior (U18) en 2010, quand j’avais 17 ans. J’ai fait partie de la sélection deux années de suite, en 2010 et 2011. En 2012, alors que j’avais 19 ans, j’ai été sélectionnée avec la team senior pour les Mondiaux de Bucaramanga, Colombie. Au total, j’ai été sélectionnée quatre fois en équipe nationale.

My first year in team USA was for the Junior Women’s USA (U18) in 2010 when I was 17. I made the junior team two years in a row so in 2010 and 2011. Then, in 2012 when I was 19 years old, I was selected to participate on the Senior Women’s team to compete in Bucaramanga, Colombia. It has been a total of 4 years I have made team USA between Junior and Senior Women’s. »

Jouer en France, une « opportunité extraordinaire »

Tu as également joué en France, pour Grenoble et ensuite Anglet. Comment as-tu eu cette opportunité ?

« Jouer en France a été une opportunité extraordinaire, étant donné que ma famille est originaire du Pays basque (Biarritz), alors pour moi, jouer au roller hockey à Anglet c’était le rêve ultime ! Pour Grenoble, mon ami Junior Cadiz a discuté avec Hugo Rebuffet de la possibilité de jouer avec l’équipe féminine, et Hugo a facilité les choses. C’est une opportunité pour laquelle je lui suis vraiment reconnaissante. Et pour Anglet, je connaissais les Artzak depuis longtemps, et j’ai des liens d’amitié avec Jeff Ladonne et les Chazalon. Aussi jouer avec les Artzak n’a posé aucun souci.

It has been an amazing opportunity to play in France considering my family is from the Basque region (Biarritz) of the country, so to play roller hockey in Anglet to me was considered the ultimate dream ! With Grenoble however, my friend Junior Cadiz spoke to Hugo Rebuffet about possibly playing for the women’s team and Hugo agreed to bring me, so I was very thankful for that opportunity. For Anglet, I had known the Artzak for awhile and was friends with Jeff Ladonne and the Chazalon’s so they had no problem for me to come out and play for part of the season. »

Qu’est-ce que tu as pensé du niveau du roller hockey féminin en France ? Est-ce que l’adaptation a été facile ou difficile ?

« Je pense que le niveau du roller hockey féminin en France est vraiment différent de celui des Etats-Unis, en raison du style de jeu. Aux Etats-Unis, en général on développe un jeu beaucoup plus patient, basé sur la possession du palet. En d’autres termes, on aime récupérer le palet et le faire beaucoup tourner avant d’attaquer. Selon l’équipe, on peu attaquer de façon plus agressive, cela dépend de l’équipe adverse et de son niveau.

J’ai remarqué par contre que les Français aiment jouer la boîte ! Chez nous, ce n’est pas une stratégie habituelle. Peut-être que cela fonctionne sur des terrains plus petits, mais aux Etats-Unis vu la taille des terrains, ce n’est pas aussi efficace. S’adapter au style de jeu a été plus difficile au début, à la taille des cages et à la taille du terrain. Aux Etats-Unis, la taille des terrains et des cages est sensiblement la même qu’en hockey sur glace, il a fallu s’y faire.

I think the level for women’s hockey in France is so different in comparison to the US because of the style of play. In the US, in general, we are very patient and possessive of the puck. In other words, we like to take the puck back and cycle numerous times before we attack. However, depending on the team, we will attack aggressively the other team so it depends what level and team we are playing.

However, in France, one thing that I noticed was the French love to play the box ! In the United States, it is not a common strategy so there is a difference there. Perhaps it works on the smaller rinks, but in the US with the bigger rinks it is not as efficient. Adapting to the style of play was difficult at first because as I have mentioned before, the size of the rink and nets were something I needed to get used to. The rinks and nets in the US are almost as equal as the size of ice rinks and nets, so adjusting to the new size was something I needed to get used too. »

Elisa Pogu - Carpentier 2013 - Photo Myriam Leprince

Carpentier, son ambiance et son public

Tu avais notamment joué la Coupe de France à Carpentier. Qu’est-ce que tu avais pensé de cet événement ?

J’adore la Coupe de France ! C’est probablement l’un des tournois que je préfère, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. J’aime cet événement pour la compétition, pour l’ambiance, pour les gens qui y sont et pour son atmosphère excitante. La première année où j’y ai participé avec Grenoble, nous avons joué contre Ris-Orangis en demi-finale et perdu d’un ou deux buts. C’est la première fois que j’étais interviewée après un match par la FMT, et avoir autant de public était vraiment un sentiment exceptionnel.

J’aime réellement la reconnaissance et le respect que les Français ont envers le roller-hockey, et faire partie de cette ambiance est quelque chose de spécial. Et puis revoir mes amis, c’est toujours un plaisir !

I love the French Cup! It is probably one of my favorite tournaments hands down both in France and the United States. I love this event because of the competition, ambiance, people, overall atmosphere is exciting. My first year, we (Grenoble) played against Ris in the semi-finals and we had lost perhaps by one or two goals. But it was my first time to be interviewed after a game with FMT, and having tons of people watching was just an exceptional feeling.

I absolutely love the recognition and respect people in France have towards roller hockey, and to be part of this world in someway is a special feeling. Plus, seeing all my friends is always a pleasure ! »

Est-ce que tu as un bon souvenir particulier, ou quelque chose qui t’as marquée dans le roller hockey féminin en France ?

Facile, tous mes amis ! J’ai vraiment noué des amitiés pour la vie depuis que j’ai joué en France. Cela a été un voyage et une expérience incroyables. Des années remarquables, et je suis reconnaissante d’avoir eu la chance de rencontrer autant d’amis et de gens.

Easy, all my friends! I have made so many lifetime friendships ever since I have played in France. It has been an unbelievable journey and experience. It has been truly a remarkable few years, and I am very thankful for all the friends and people I have had a chance to meet. »

Tu prévois de jouer à nouveau la Coupe avec Anglet en avril à Paris ?

« Oui, je vais jouer pour les Artzak pour la Coupe de France. Cette année, c’est un peu spécial, c’est en quelque sorte la réunion de l’équipe : nous avons les Espagnoles Vanesa et Leticia Abrisqueta, et Marina Fagoaga Jalinier qui joue actuellement à Madrid qui seront toutes réunies pour cet événement. Ce sera un moment un peu spécial que de pouvoir jouer toutes ensembles.

Yes, I plan on playing for the Artzak for the French Cup. But this year is special because due to some circumstances, it is in a way a reunion for the team. We have the Spanish twins (Vanesa and Leticia Abrisqueta) and Marina Fagoaga Jalinier who is currently playing in Madrid all reuniting for this tournament so it will be a special moment to all play together. »

La « World Connection » pour NARCh

Avec quelle équipe tu joues actuellement aux Etats-Unis ? Quels sont tes projets pour cette saison : Narch, championnats du monde ?

« Je joue en ce moment pour la team Revision Women, avec laquelle on a d’ailleurs gagné la division Women Platinum l’an dernier à Fort Myers, en Floride. Marion Mousseau et Marina Corbeil nous avaient rejoint pour jouer. Pour NARCh cette année, je prévois de retourner en Floride avec la « World Connection ». Il s’agit d’une équipe formée par Marina Fagoaga, qui regroupe des joueuses du monde entier : France Espagne, Colombie et Etats-Unis. Cela en fera une équipe unique !  On se rejoint toutes pour jouer un sport qu’on aime, et ce devrait être un très bon moment. Bien sûr, je participerai aussi à NARCh à Huntington Beach pour essayer d’y remporter l’or.

En ce qui concerne les Mondiaux en Argentine, je n’ai pas pu participer aux tryouts à cause des études. J’ai des examens importants aux dates de la compétition, donc malheureusement j’ai dû renoncer à la sélection cette année. Mais bon, il y aura toujours l’année prochaine !

I currently play for Revision Women’s where we actually won women’s platinum last year in Fort Myers, Florida with Marion Mousseaux and Marina Corbeil who came out to play with our team. For NARCh this year, I plan to go to Florida to play with “World Connection”. This team is formed by Marina Fagoaga and contains several girls from all over the places : France, Spain, Colombia, and United States so it is a unique team. We are all joining together to play the sport we love which should be a good time. Of course, I will be playing NARCh in Huntington Beach, California as well to try and win gold again!

For World Championships in Argentina, I was not able to try out for the team due to school. I have finals during the dates of the competition so unfortunately I was not able make the team this year. But it’s okay, there is always next year ! »

Si tu devais donner un conseil à une joueuse étrangère qui vient en France, qu’est-ce que tu lui conseillerais ?

« Eviter de jouer uniquement en championnat féminin. Quand je jouais en France, j’ai pu m’entraîner avec plusieurs divisions : N1, N2 Elite, juniors, cadets… Si une internationale joue en France, il faut qu’elle puisse tirer profit des autres équipes ! J’ai eu la chance d’avoir des coachs qui m’ont laissée m’entraîner avec d’autres équipes, afin d’améliorer mon jeu sur plusieurs plans : la prise de décision, le contrôle du palet, la patience, le jeu agressif et plus encore. Jouer uniquement avec les filles est super, mais pouvoir améliorer son jeu est encore mieux !

Avoid only playing women’s hockey. While playing in France, I was able to practice with all sorts of divisions : N1, N2, Elite, Junior’s, U16 (I am not sure the division is called in France). If an international player plays in France, take advantage of the other divisions ! I was very lucky to have the coaches let me practice with the other teams because it allowed me to improve my game in several areas such as decision making, control of the puck, patience, playing aggressively, and more. Playing only with women is great but to expand one’s game is even better ! »

Elisa Pogu - Yetis Grenoble Carpentier 2013 - Photo Myriam Leprince

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